Quelle est la leçon spirituelle avec Alzheimer ?

S’agissant d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, je n’ai pas d’explications concernant la leçon spirituelle qu’elle peut contenir. Sans pouvoir rien faire, simplement la regarder devenir lentement un légume ?

Eh bien, alors que le corps et le mental meurent généralement en même temps, selon mon point de vue, quand il s’agit de la maladie d’Alzheimer, le mental meurt bien avant le corps. Cela peut bien sûr être un processus prolongé. « Le mental meurt » veut dire que la conscience qui a animé la forme physique et la forme mentale commence à se retirer à cause de certaines choses qui se détériorent dans la structure du cerveau.

La conscience ne peut plus circuler pleinement à travers ce cerveau et elle se retire donc du cerveau avant de se retirer du corps et elle le fait lentement. C’est douloureux, parce que cela peut être une mort très lente. C’est douloureux pour les gens autour de la personne, parce que peu à peu, la personne qu’ils aimaient semble disparaître. Peu à peu, elle . . . Ça peut être très douloureux, mais c’est la mort. C’est une forme de mort.

Qu’en est-il de la personne elle-même qui traverse ça ? La maladie d’Alzheimer passe bien sûr par différents stades ; elle progresse. Dans certains cas, il y a un stade intermédiaire dans la maladie où la personne connaît une certaine période de présence relative. La mère de l’un de mes amis avait contracté la maladie d’Alzheimer et pendant quelques mois, alors que la maladie progressait, il me dit que pour la première fois de sa vie, il avait vu sa mère heureuse. La maladie n’était pas encore arrivée aux stades finaux. C’était un stade intermédiaire où elle ne se plaignait plus, où elle ne vivait plus dans le passé. Il y avait comme une présence qui émergeait. Mais cela passe et la conscience se retire.

 

Je ne suis pas en train de vous dire que la maladie d’Alzheimer peut vous rendre présent. En réalité, ce qui se passe, c’est que l’on retombe en dessous du mental. Cela peut être un soulagement pour certaines personnes dont toute la vie a été torturée par leur propre mental. C’est un peu comme juste avant de vous endormir, vous ressentez un peu de paix . . . parce que vous ne pensez plus. Vous ne pouvez plus penser, vous êtes trop fatigué pour penser et la torture de votre propre mental s’arrête. Et soudainement . . . Bien sûr, vous commencez à aller vers l’inconscience, mais c’est au moins un moment de soulagement.

Et beaucoup de gens, non pas les gens qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, beaucoup de gens dits normaux qui vivent avec le poids normal de leur mental dérangé normal

connaissent, juste avant de s’endormir, un certain soulagement, parce qu’ils sont trop fatigués pour penser encore à leurs problèmes . . . et ils s’endorment bien sûr.

Ici, il s’agit en fait de faire face à la mort. Quand vous êtes proche de quelqu’un qui est en train de mourir, subissant ce lent processus de la mort qu’est la maladie d’Alzheimer où le mental meurt avant le corps, c’est douloureux, parce que c’est la mort. La mort bouscule beaucoup et la seule réponse qui n’est pas de la souffrance est l’abandon en réalisant que l’essence ne meurt pas. Seule la forme meurt, la forme mentale, la forme physique.

Or, c’est encore une explication et vous n’en avez pas besoin. Tout ce dont vous avez besoin, dès lors qu’il n’y a rien que vous puissiez faire, c’est entrer dans ce lieu d’abandon, en sachant que, tôt ou tard, toutes les formes de vie vont disparaître, incluant la vôtre. Que le mental s’en aille en premier ou que le corps le suive immédiatement, toutes les formes sont éphémères et ce n’est pas une tragédie. C’est simplement un fait et sans ce fait de la mort, aucun humain ne s’intéresserait à la dimension spirituelle.

Tout ce que vous pouvez faire face à la mort, c’est être présent et accepter le moment présent tel qu’il est, sans demander qu’il soit autre que ce qu’il est. À mesure que vous vous abandonnez face à la mort, quelque chose survient là où vous êtes, dans la pièce, dans la maison, que vous pourriez appeler la grâce. Une présence arrive à travers vous et c’est ce que vous pouvez offrir à la personne qui meurt, votre présence.

Je dis « votre présence », mais ce n’est pas votre présence. C’est la présence divine qui vient à travers vous, mais elle ne peut venir à travers vous que si vous lâchez toute résistance. Toute la situation a alors un but transcendant que l’on ne pourrait pas vraiment expliquer pleinement avec le mental conceptuel. Cette situation a un but transcendant. La mort est là, mais vous représentez, vous incarnez la dimension transcendante, parce que vous amenez une acceptation totale. C’est une pratique spirituelle. L’une des grandes pratiques spirituelles, c’est faire face à la mort, que ce soit la mort de l’un de vos proches ou l’imminence de votre propre mort.

Comment est-il possible de rester présent avec une maladie grave ?

Comment est-il possible de rester présent si l’on se bat contre une maladie grave dont l’issue est incertaine ? Le bonjour du Royaume-Uni !

Donc, une personne d’Angleterre, je suppose qu’elle est directement concernée par cette situation. « Comment est-il possible de rester présent si l’on se bat contre une maladie grave dont l’issue est incertaine ? »

Non seulement c’est possible d’être présent dans une telle situation, mais c’est en réalité la seule réponse possible à cette situation. Il s’agit de lui permettre de vous forcer à la présence où il n’y a ni passé ni futur. N’allez pas là et restez simplement avec le moment présent et vous pouvez être intensément présent. Vous pouvez ne plus avoir beaucoup de futur et vous ne pouvez donc pas aller là. La plupart des humains ont toujours l’illusion qu’il y a beaucoup de futur. Ce n’est pas le cas quoi qu’il en soit, mais ils ont toujours cette illusion. Et il y a comme un épanouissement que le moment suivant va apporter ! Et il n’en sera rien s’il n’est pas déjà là.

La présence. D’autant plus en cas de maladie qui menace la vie. J’ai vu pas mal de cas de gens qui se sont éveillés en contractant une maladie qui a menacé leur vie. Dans certains cas, ils sont morts peu après ; Dans d’autres cas, la guérison s’est produite. En fait, ce n’est plus vraiment si important, parce que le but de la vie humaine a déjà été accompli quand l’épanouissement de la conscience a eu lieu en vous. Et ces gens condamnés par la maladie se sont éveillés, lors des dernières semaines ou derniers mois de leur vie . . . les pensées se sont calmées, la présence a émergé, leur personnalité a été consumée et a été simplement remplacée par une présence consciente.

Dans une situation aussi épouvantable, la personnalité doit souffrir terriblement. Elle ne peut pas survivre dans la situation : « Oh, qu’est-ce qui m’arrive ? » Or, si vous vous abandonnez, elle est consumée dans la présence. Autrement dit, vous mourez déjà. Avant que vous mouriez, la personnalité meurt et tout ce qui reste est ce champ absolu de présence. Et vous pouvez ne pas être capable d’expliquer grand-chose. Vous êtes juste là . . . Cela ne serait jamais arrivé sans la maladie.

Cela peut aussi arriver quand les gens deviennent très âgés et s’approchent de la mort avec la vieillesse. Je l’ai vu aussi arriver. La personne atteint ses 95 ans, par exemple. La mort approche et la personnalité s’efface et tout ce qui reste est l’épanouissement de la conscience. Vous mourez avant de mourir. Je ne me rappelle pas d’où vient cette formulation, peut-être du soufisme. Mourez avant de mourir ! Cela peut arriver par une maladie grave, avec la vieillesse. Mourir avant de mourir peut aussi arriver à une personne qui perd tout du fait d’une catastrophe. Les membres de la famille sont perdus, les gens autour de vous, toutes les possessions, le statut, etc.

Et là encore, la personnalité qui a vécu identifiée à toutes ces choses extérieures qui lui ont été enlevées se trouve dans une telle douleur qu’elle n’a plus d’autre sortie que s’abandonner ; Toute la structure du soi fabriqué par le mental s’effondre. Ce sont là des cas extrêmes, mais quand arrivent de telles catastrophes, il y a toujours cette possibilité, la grâce qui apparaît soudainement. Comme je le dis souvent, la grâce se cache derrière toute catastrophe, mais pour qu’elle se montre pleinement, l’abandon est nécessaire. L’abandon élimine l’égo et quand l’égo est parti, la grâce apparaît.

Pouvez-vous nous parler des écrits de Joël Goldsmith ?

Je me demande si vous accepteriez de parler des écrits de Joël Goldsmith, de ce qu’ils ont impliqué dans votre vie et de leur lien avec vos propres enseignements.

Eh bien, puisque des gens ont voté pour cette question, il y en a suffisamment qui veulent connaître la réponse et qui ont peut-être lu Joël Goldsmith. Joël Goldsmith fut bien sûr un enseignant spirituel, principalement des années 50 et 60, un excellent enseignant spirituel. Vous pouvez lire n’importe lequel de ses livres, ils sont tous bons. Joël Goldsmith, il enseignait à partir de la tradition ou de la terminologie chrétienne. Ses enseignements pourraient être particulièrement utiles aux gens qui continuent de se considérer eux-mêmes comme chrétiens, mais qui ressentent le besoin d’aller plus profond plutôt que de restés figés dans des systèmes de croyances superficiels.

Donc, si vous êtes chrétiens, si vous voulez aller plus profond et savoir ce qu’est le christianisme ou plutôt ce que sont les enseignements chrétiens originels, l’enseignement du Christ, ce dont il s’agit vraiment, Goldsmith pourrait être très utile, parce qu’il utilise principalement la terminologie chrétienne. De temps en temps, il utilise des termes orientaux. Il connaît très bien le bouddhisme et d’autres enseignements, mais la plupart du temps, il emploie le vocabulaire chrétien. Il enseignait à une époque où l’afflux de la sagesse orientale n’avait pas encore eu lieu, pendant les années 50 et au début des années 60. Cet afflux a commencé au début des années 60.

C’est un enseignement magnifique que je vois comme une expression occidentale ou une expression en termes chrétiens de ce qui est appelé en Inde l’Advaita. L’Advaita est une ancienne philosophie indienne ou enseignement spirituel, une tradition, que l’on traduit par « non-dualité ». C’est donc un enseignement qui met l’accent sur l’unité de toute vie. « Advaita » signifie « non deux » ; le préfixe « a » veut dire « pas » et « dvaita » veut dire « deux » et a donné le chiffre 2 en allemand, « zwei ». Il renvoie au sanscrit. C’est amusant combien tout est relié.

De nos jours, beaucoup d’Occidentaux s’intéressent à l’Advaita. C’est un enseignement magnifique, mais il nous faudrait plus de temps pour en parler. Joël Goldsmith apporte donc l’enseignement de la non-dualité en termes chrétiens. Le lire peut être une méditation. Quand vous lisez Joël Goldsmith, cela peut vous mettre dans un état où vous pressentez l’unité et la présence.

Parfois, si vous n’êtes pas chrétien ou si vous avez oublié la terminologie chrétienne, vous devez vous y référer pour comprendre ce dont il parle, ce qui est la même chose quand vous lisez « Un cours en miracles » qui utilise également la terminologie chrétienne. Dans ce sens, son enseignement est similaire à cet enseignement. Il n’y a qu’une terminologie légèrement différente. Tous les enseignements ont leurs limites, parce qu’ils sont de la forme et que toutes les formes sont limitées.

 

Ce que je considère comme limite de l’enseignement de Joël Goldsmith, c’est une importance excessive accordée à la guérison physique, mais c’est la tradition d’où il est venu. Il assimile presque l’éveil spirituel à la santé physique. Il y a indubitablement un lien entre notre état de conscience et notre état de santé, mais on ne peut pas aussi facilement assimiler l’éveil spirituel à la santé physique. Il a débuté dans la tradition de la science chrétienne qu’il a quittée ensuite.

Il était également guérisseur. La guérison étant importante dans la science chrétienne, elle a également été importante dans son enseignement. Cela peut mettre un peu dans l’erreur. J’ai rencontré des gens qui étaient des disciples des enseignements de Joël Goldsmith et quand ils contractaient une maladie, ils se sentaient très coupables : « Je dois être dans l’erreur quelque part, je suis ces enseignements depuis vingt ans et je continue de tomber malade ».

En outre, quand Joël Goldsmith a fait une crise cardiaque, plus tard dans sa vie, ses disciples, les gens autour de lui et lui-même n’en ont pas parlé, parce qu’il avait insisté tant sur la guérison physique qu’il ne pouvait pas mentionner le fait qu’il était tombé malade. Il a fini par mourir d’une autre crise cardiaque. C’est une limite, mais malgré cela, je dirais que c’est un magnifique enseignement intemporel qui va durer, parce qu’il a cette dimension intemporelle. Soyons donc reconnaissants envers Joël Goldsmith, bien sûr pas tellement envers lui, la forme de Joël Goldsmith ayant permis à la conscience de passer par elle.

Pouvez-vous expliquer pourquoi nous sommes seulement la moitié du tout ?

Dans votre livre, vous dites : « Vous n’êtes que la moitié du tout et les femmes ne peuvent pas être complètes sans un homme » – je n’ai pas dit ça, mais bon ! Pouvez-vous préciser ? Je suis célibataire et sans mon autre moitié, peut-être suis-je condamnée à une demi-vie !

D’abord, la citation n’est pas très exacte. J’ai dit que vous n’étiez que la moitié du tout, mais je n’ai pas dit que les femmes ne pouvaient pas être complètes sans un homme. J’ai dit, puisqu’au niveau de la forme, vous n’êtes que la moitié du tout, que vous aviez besoin de l’autre polarité dans votre vie. C’est vrai pour les hommes comme pour les femmes. Soit dit en passant, l’autre polarité n’est pas forcément dans la forme physique de l’autre polarité. Vous pouvez aussi trouver l’autre polarité dans une même forme physique qui peut toujours représenter l’autre polarité.

Donc, ce que je dis c’est qu’au niveau de la forme, de la forme physique, vous n’êtes pas complète, parce que le monde est partagé entre des formes masculines et féminines et il y a une attirance entre les polarités. Or, il y a un autre niveau en vous qui ne fait pas partie des polarités. Même si vous ne comblez pas votre besoin de connaître ou d’avoir l’autre polarité dans votre vie, ce qui causerait une énorme souffrance si vous n’aviez pas accès à la dimension plus profonde en vous-même qui est au-delà des polarités, si ce besoin n’est pas satisfait et si vous avez effectivement accès à la dimension transcendante, il est toujours perçu comme une impression de manque au niveau extérieur de votre vie et cependant, en votre fort intérieur, vous vous sentez totalement une, complète au niveau plus profond.

Pendant de nombreuses années, je n’avais pas de relation. Je pouvais très souvent sentir le désir de l’organisme physique pour l’autre polarité, désir physique et émotionnel. En même temps, je pouvais sentir un sentiment profond d’unité à un niveau qui est au-delà de la forme. Et c’était supportable, le fait que le besoin n’ait pas été satisfait pendant longtemps, ce besoin extérieur de connaître l’autre polarité au niveau de la forme. Ce n’était pas si terrible ! En être privé pendant des années, je pouvais vivre avec, parce que c’était maîtrisé par le transcendant, dans l’état spacieux intérieur. Si cela n’avait pas été le cas, il y aurait eu de la souffrance.

Dans notre culture occidentale, comme je l’ai écrit quelque part dans un livre, l’identité en tant que forme commence à diminuer d’une certaine façon. Votre sentiment d’identité repose sur le fait que vous êtes un homme. Dans les anciennes cultures, l’homme est fortement identifié. 70 ou 80 % de son identité passe par le fait que c’est un homme. C’est la même chose avec les femmes. Dans ces cultures, les genres sont séparés de façon très marquée.

Le fait qu’elle soit une femme lui donne 80 % de son identité. Le reste est pour l’identité de la petite personne.

Dans les anciennes cultures, les gens sont entraînés dans cette forme d’identité et si vous ne l’accomplissez pas, selon ce que la société vous raconte, vous êtes profondément malheureux et tout le monde vous méprise. Si vous vivez dans certaines cultures traditionnelles que l’on trouve toujours dans beaucoup de pays, si vous êtes une femme, si vous n’avez ni mari ni enfants, vous n’êtes rien. Tout le monde vous regarde de travers. Vous vous apitoyez alors sur votre sort et vous pleurez toutes les nuits. Cela s’applique aussi à un homme qui n’a pas de famille, qui ne fait pas d’enfants. Qui est-il ? Il n’est rien. Si vous vivez en dehors de votre identité en tant que forme, on vous regarde de travers et vous vous sentez sans valeur.

Heureusement, nous dépassons ça. On trouve encore des restes de cette mentalité en Occident, mais c’est beaucoup moins fort qu’avant. Il est maintenant possible pour les femmes occidentales de ne pas se marier, ni d’avoir des enfants, sans avoir l’impression d’avoir raté leur vie. En particulier, si elles sont allées plus profond, elles peuvent en fait se sentir très bien à ne pas avoir d’enfants et à ne pas être mariées. Il en va de même pour les hommes. Et c’est même accepté. Vous pouvez même dire fièrement que vous n’êtes pas marié et que vous n’avez pas d’enfants.

 

Donc, l’identité en tant que forme, féminine ou masculine, régresse et c’est un bon signe. Je dirais que c’est un signe de la conscience en évolution qui n’est plus aussi prisonnière de la forme. Et c’est en fait la réponse : il est parfaitement possible de ne pas satisfaire votre identité en tant que forme, les exigences de votre identité en tant que forme, on pourrait dire les exigences biologiques de votre identité en tant que forme ou les exigences sociales de votre identité en tant que forme. Il est parfaitement possible de ne pas s’y soumettre et d’être un être humain pleinement épanoui.

Et si vous vivez dans un pays où c’est toujours difficile, il vous faut vous détacher complètement des opinions des gens autour de vous – ce qui n’est pas facile – ou vous en aller, émigrer, mais le détachement intérieur est possible, par rapport à ce que le monde vous raconte concernant ce que vous devriez être et faire. Sur le plan pratique, dans certaines vieilles cultures, en particulier pour les femmes, c’est pratiquement impossible d’exister. Imaginez vivre en Arabie Saoudite en tant que femme adulte sans être mariée ! Ça doit être très dur.

Nous avons donc progressé ici, dans le sens de la diminution de l’identité en tant que forme féminine et masculine.

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