Message du Guérisseur Lestrys

Chers amis, c’est moi de nouveau, le guérisseur Lestrys, je viens en ce doux jour pluvieux pour vous conter la suite de nos aventures.

Il se trouve, qu’avec tous mes compagnons, nous étions comblés de mener cette existence nouvelle, cela nous propulsait au sommet, et malgré tout ce que nous avions pu connaître de douloureux, nous nous sentions de nouveau portés par la vie.

Il y avait pour commencer cette énergie étrange, qui nous faisait pousser des ailes.

Les nôtres sommes un peuple aimant l’ordre et le confort. Mais nous n’étions que peu familiarisés avec les tâches que nécessitaient l’entretien d’un intérieur. Comme vous le savez, c’est à ces occasions que peuvent survenir des désaccords dans une famille ou entre de nouveaux époux.

Mais rien de tout ceci ne se produisit, nous étions tous ravis d’agir pour prendre soin du linge, préparer les repas, récolter tout ce dont nous avions besoin à l’extérieur, brosser, ranger, nettoyer les sols.

Il faut dire, et cela nous étonna grandement, qu’il était fort peu de poussière en ce logis. Nous étions de même très étonnés que la boue n’adhère pratiquement pas à nos habits lorsque nous devions effectuer des semis, par exemple.

Mon ami, le sage Ilssaltir médita là dessus. Il était autrement très dévoué avec les enfants. Il en était de même avec le premier Darsimen, un alien vénérable qui avait retrouvé sa joie de vivre. Ce qu’il nous faisait rire ! Il ne cessait de jouer avec les enfants, trouvant toujours moyen de les amuser.

L’adorable petit Lokhaïl avait retrouvé plus de sérénité. Ce voyage avait été très éprouvant pour un alien aussi jeune. Je connaissais peu les êtres de Kolménide, et ce petit nous avait prouvé son dévouement en de nombreuses occasions. Afin de manifester leur assentiment, et aussi par récompense, les êtres de l’Intérieur nous avaient fait don du petit véhicule minier que notre ami Darsimen et Lokhaïl avaient remis à neuf avec tant d’acharnement.

En ce matin nouveau, Lokhaïl était en train de polir le métal avec un instrument. Le sage Darsimen se tenait à ses côtés. Le petit alien était paré d’éclats argentés de plus en plus vifs, sa peau semblait fondre ce qui lui faisait éprouver de vives démangeaisons, des tiraillements. Je connais bien mal ceux que vous nommez les « petits gris », mais ce jeune nous avait réservé bien des surprises. Il se mit à frotter ses bras qui lui causaient de nombreux picotements. Ce fut Darsimen qui l’invita à reporter la séance de peinture du petit vaisseau qu’ils avaient prévu. Juste au dessus d’eux, le ciel clair était illuminé d’un soleil voilé entouré de vastes nuages gris acier. Un éclat doré inondait la montagne et ce spectacle me laissa songeur.

Nos amis rentrèrent le vaisseau et vinrent s’attabler au salon. Je m’approchais pour étaler un remède sur le bras de Lokhaïl.

Il se laissa soigner de bonne grâce. A présent il était redevenu confiant, voilà qui était agréable !

  • Ton bras est-il douloureux mon cher enfant ? demanda Darsimen avec bonté
  • Bras tire beaucoup, cela cause brûlures, gémit-il. Quoi y être éclat phosphorescent ?

Darsimen prit son temps pour répondre.

  • C’est une accélération. Une accélération quantique. Ton peuple, les tiens, sont peu familiers de ces dimensions. En franchissant si vite autant de seuils vibratoires, tu as effectué une sorte de passage inattendu. Mais ton corps lui, doit se transformer pour pouvoir survivre en ce lieu. Il n’en a pas eu le temps. A présent, cela te rattrape, et cette transformation doit s’accomplir jusqu’au bout.

Le petit Lokhaïl cligna se ses grands yeux noirs si vifs. Il compara l’allure inquiétante de sa main droite, dont la peau crème et grisâtre était fripée, maladive, et sillonnée de veines violacées avec celle de son autre main argentée qui dégageait une phosphorescence agréable.

La nouvelle peau de sa main était incroyablement lisse, brillante, avec un éclat magnifique et on ne voyait plus le réseau veineux sous-jacent.

  • Cela bien mieux ainsi, conclut le petit alien par l’esprit. Mais j’ai un peu peur.
  • N’aie pas peur, fit le sage Darsimen en prenant ses deux mains dans les siennes. Tu es un très bon petit, c’est une chance qui t’est accordée.

L’orage vint et le petit alien dut aller s’allonger tant il était faible.

 

Eratsu et moi-même étions quelque peu alarmés face à ce changement, mais le sage Darsimen considéra que tout cela était normal.

  • Il dort, dit-il en revenant un peu plus tard. Vous devez considérer qu’il est normal qu’il en soit ainsi. Les êtres de Kolménide ont engendré des créatures nouvelles, des êtres dont le corps s’est bien trop éloigné du principe de la vie elle-même. De tels corps ne sont point tolérés ici, ils doivent changer ou disparaître. Le principe vital revient habiter la structure physique de notre si jeune ami pour le faire rayonner, pour qu’il puisse poursuivre son évolution.
  • Je ne comprends pas, avoua Eratsu. Lokhaïl est en parfaite santé.
  • Non, toute sa structure était figée, immuable. Il n’est pas permis de créer des êtres proches de machines aussi insensibles, imperméables. Le principe de la vie est de se perfectionner. Des corps aussi résistants au vide stellaire, à la chaleur, à la gravité, sont immuables. La biomécanique poussée à ce stade extrême est une très grande transgression. Donc ce jeune alien est pour ainsi dire en train de mourir. Il se désagrège lentement, pour renaître d’une autre manière, bien plus harmonieuse.

Chacun de nous fut incapable de parler, tant tout cela nous accablait.

  • Lokhaïl est-il en danger ? demandais-je, bouleversé à la seule idée qu’il puisse lui arriver quelque chose
  • Il se transforme, émit posément le sage. Rien de plus, rien de moins.
  • Voulez-vous dire qu’il n’est pas complètement comme nous ? interrogea Issaltir
  • En effet, répondit le sage. Il est en train de redevenir… plus vivant.

Tout à fait inquiet, le petit Stency ouvrait de grands yeux effrayés. Il aimait beaucoup Lokhaïl.

Mon ami Giorgio, et Laïev, deux hommes au cœur très grand, exposèrent qu’ils ne pouvaient supporter de voir un enfant souffrir sans pouvoir rien faire.

  • C’est de l’amener en ce lieu qui n’était peut être pas une bonne idée, soupira Giorgio

A cet instant, un petit vaisseau parut devant la fenêtre et atterrit sur l’herbe avec quelques heurts en raison des bourrasques.

Un petit alien malingre descendit d’un pas pressé, chargé d’un très grand sac. Je reconnus notre ami, le généticien Panresu et m’empressais de saisir un grand manteau de pluie avec l’intention d’aller à sa rencontre. Mais il courut avec célérité vers notre demeure.

Eratsu ouvrit la porte et Panresu secoua ses habits trempés dans l’entrée en grommelant. Je lui tendis aussitôt une serviette pour qu’il puisse s’essuyer et il me remercia.

  • Quel temps charmant ! Merci de votre attention, ami, me dit-il.

Il entra, posa son bagage et nous regarda tous avec un large sourire, comme si le plaisir de nous revoir lui causait un bonheur presque douloureux.

Giorgio lui tendit une tasse de boisson chaude et Panresu s’assied.

  • Nous sommes ravis de votre venue si soudaine et si bienvenue, déclara Issaltir.
  • Moi aussi, moi aussi, croyez-le bien, avoua Panresu, malgré son allure décidée

Il avait prononcé ces mots d’une voix sourde, emplie d’émotion. Je souris en constatant que son cœur se révélait enfin, malgré cette bougonnerie passée qui le quittait peu à peu.

  • Il se trouve, commença Panresu, que je suis venu pour répondre à vos demandes, pour le bien être de cet enfant. La télépathie est un usage précieux… Puis-je le voir ?

Je menais notre ami à l’étage. Les autres préférèrent rester en bas, peu désireux de voir ce qu’ils craignaient tous.

Panresu posa un grand écran sur une table et connecta des câbles. Puis, sans faire de bruit, il promena une perche sur le corps filiforme du petit Lokhaïl.

Je découvris alors une structure régulière, incroyablement complexe, qui, très grossie révélait la trame d’un être extrêmement élaboré, un être qui imitait une créature vivante, mais n’en était pas une. Cette trame était composée de minuscules structures cristallines en forme de losanges, finement imbriquées les uns dans les autres. La trame était élastique, autoréparable, autorégénérée, en permanence, de même que son système cellulaire organique. Le squelette était identique, il possédait une structure fibreuse, cartilagineuse, mais il s’agissait de matériaux qui imitaient la vie, de métalloïdes, et de minéraux.

Le cerveau, enfin, était la partie la plus élaborée, une véritable œuvre d’art, si l’on voulait concevoir un androïde. Mais j’étais bouleversé, car, le pauvre Lokhaïl lui, était un enfant.

En constatant la présence d’un certain nombre de connexions, de circuits de métal, je détournais les yeux, incapable d’en supporter davantage.

Panresu, lui, ne soufflait mot, il examinait les phalanges du petit alien endormi, apparemment habitué de prodiguer des soins à des êtres semi-artificiels. Pour mon peuple, il s’agit bien sûr d’une immense transgression, qui n’a pas de nom en terme d’hérésie.

Il est formellement interdit de dénaturer un corps de la sorte. Il est interdit de même de faire maturer des chaînons de vie à l’intérieur d’une machine.

En effet, une machine doit d’abord être habitée de la vie du cristal, le premier stade évolutionnel. Il est donc encouragé d’y placer un cristal. C’est ce que vous faites sans le savoir en faisant naître une forme de conscience limitée dans les processeurs de vos ordinateurs.

Panresu déplaça son capteur et le positionna au-dessus de la main argentée du jeune alien. Je réprimais un cri de surprise.

 

Une extraordinaire structure en étoile, du plus exquis raffinement était visible, et que dire de la beauté de ces filaments lumineux, de leur ordonnancement parfait ? Il existait là à l’œuvre une très belle magie, assurément. Cette structure rappelait la disposition parfaite d’un feuillage.

Je m’approchais pour mieux voir, immensément rassuré. La trame artificielle, en effet, s’arrêtait brutalement, elle était comme rongée, tandis que le fin maillage énergétique progressait, régénérant le bras gauche du jeune alien.

Stency, puis Giorgio, Issaltir, Eratsu et tous les autres vinrent admirer cette action merveilleuse.

Nous sommes redescendus, le sage Darsimen murmura des bénédictions et des prières, puis referma la porte.

  • Comment vous remercier ? demanda Issaltir
  • Je n’ai fait que mon devoir, répondit Panresu. J’ai travaillé avec des généticiens de Kolménide. Ils voulaient créer des créatures hybrides, de plus en plus « dégradées », à mon sens, ayant de moins en moins de besoins énergétiques. J’ai tenté de le leur expliquer, nous avons eu une divergence. Ils ont pu mettre au point des lignées de petits serviteurs, soumis et dociles. Ces êtres n’avaient parfois nul besoin de s’alimenter, de boire, ou de dormir. Leur cognition était extraordinairement élevée. Au fil des ans, ils ont conçu des clones aux cerveaux de plus en plus vastes, je réprouvais ces expériences, cessant peu à peu de voir mes amis de Kolménide, que j’appréciais pourtant beaucoup. Les lignées de jeunes clones ont évolué. Ces êtres possédaient une fascination naturelle pour l’étude, les mathématiques, l’algèbre pur, qui reléguait au second plan leurs autres aspirations. Mais les nôtres, ont toujours gardé à cœur le souhait d’avoir une famille, des descendants, des amis, dit-il en nous regardant avec affection. Je ne voulais pas le voir, mais je souhaitais moi aussi également avoir un jeune clone auprès de moi. Pas un serviteur, mais un successeur, un jeune être sur lequel je pourrais déverser toutes mes connaissances. C’est l’orgueil qui nous empêche vraiment de savoir qui nous sommes, de voir cela. Nous imaginons trop souvent avoir trouvé notre propre complétude, à travers la science. Nous imaginons avoir atteint le sommet. Finalement, nous sommes imbus de notre science qui défie les lois, le temps et l’espace. Et le temps lui, nous rattrape, un matin, nous nous éveillons et face au miroir, nous voyons un alien de science qui n’a pas suivi le bon chemin, qui est devenu, fermé, aigri, et impatient. Et nous voyons un enfant, très jeune, très pur. Cet enfant devient alors l’être le plus important qui soit…

Panresu se tut et je baissais les yeux en rosissant, car ce chemin mental, je l’avais effectué, comme lui. Le petit Stency était venu donner un sens merveilleux à ma vie. C’était grâce à la présence du petit alien que j’avais pu traverser les méandres de la terre intérieure, et tous mes compagnons également avaient eu la chance de voir surgir de jeunes êtres qui leur faisaient aveuglément confiance. Que n’accomplirait-on pas lorsqu’un enfant vous regarde avec tant de confiance ?

Les bourrasques résonnaient toujours à l’extérieur, de même que le grondement du tonnerre, mais il me sembla que tout ceci était très éloigné alors que Panresu nous parlait de sa vie présente, de sa jeune fille, et de sa bien aimée, avec laquelle il passait de très heureux moments.

Les travaux dans leur demeure avaient bien progressé, mais l’orage avait stoppé l’avancée du toit. Il restait encore beaucoup à faire, même si la maison était désormais bien à l’abri des courants d’air.

Le matin venu, le soleil parant la montagne un ciel d’un bleu intense, éclatant de beauté, nous incita à sortir. Lokhaïl était très faible, je lui fis boire un remède et je l’étendis au soleil. Il put se mouvoir un peu plus, mais marchait d’un pas vacillant. Il tomba à genoux et Darsimen s’empressa de le relever en murmurant des prières.

C’était tout ce qu’il restait à faire, car ce processus mobilisait toutes les ressources du petit être. Il nous échappait complètement, seuls les grands génies de ce lieu de paix pourraient sauver mon petit. Seule sa foi, également, pourrait permettre à son corps meurtri de se réinscrire parfaitement en ce lieu.

 

Je m’approchais pour lui faire prendre un peu de miel, et Lokhaïl toucha sa poitrine. Je regardais mieux et vis alors que la lueur étrange avait gagné son cœur. Son corps, superbe et transparent éclairait alentours avec intensité. Émerveillé, mais en même temps très inquiet, je lui fis un sourire encourageant.

  • Tu vois ? Tu deviens un nouvel être que tout le monde regardera avec bien plus de bonté. C’est ce que tu es à l’intérieur, au fond de toi, qui se manifeste de manière visible.

Le petit alien sourit faiblement. Panresu, un peu inquiet, proposa de l’emmener chez les siens, de même que tout le monde, bien sûr, pour avoir un aperçu de l’avancée des travaux.

 

Notre vaisseau décolla avec bien des précautions et le petit alien contempla le paysage d’un œil ravi. Tout alla pour le mieux, le vol fut rapide et aisé, Darsimen posant notre vaisseau en douceur.

Mellkit se tenait sur la pelouse, entouré de deux dames aliens très avenantes. La première possédait un teint blanc pâle qui lui allait à ravir et la deuxième arborait des yeux d’un bleu turquoise à couper le souffle qui ressortaient sur son visage clair. Il nous expliqua que ces deux aliens étaient biologistes, et qu’elles prenaient plaisir à rendre visite à leur famille.

Je restais auprès de Lokhaïl au soleil, tandis que le premier Darsimen visitait le jardin avec Panresu. Des enfants vinrent nous apporter de quoi nous restaurer, de même que des boissons, je ne pouvais me lasser de contempler le spectacle des montagnes alentours qui me captivaient tout en bavardant gaiement avec Issaltir.

Panresu insista pour me montrer l’intérieur de la grande maison. J’expliquais que je ne voulais pas déranger, mais il me dit qu’il n’en serait rien. Il me fit entrer en un garage, où il me montra des lits qu’il avait sculptés pour les enfants dans des troncs d’arbres qui étaient tombés en contrebas. Il était bien sûr inenvisageable de couper des arbres en ce lieu, et les procédés de silicification du bois pourri étaient employés afin de le durcir, comme en beaucoup de contrées.

Ensuite, il me montra un duvet, pas encore achevé, qui était rempli d’une sorte de corolle veloutée propre à certains arbrisseaux. Il suffisait de ramasser ces sphères cotonneuses pour faire une parure de lit bien moelleuse. Il effectuait ce travail avec sa bien aimée.

Nous nous sommes avancés dans l’entrée de la belle demeure et avons découvert une activité intense. Des aliens minuscules couraient en tout sens d’un pas joyeux. Certains rénovaient les tapisseries, les toits, le mobilier, d’autres peignaient ou recousaient des rideaux avec une technique invisible.

Panresu montra plusieurs poutres déformées et fendues à Darsimen, qui fit agir son fluide. Les matériaux retrouvèrent aussitôt toute leur solidité. La charmante compagne de Panresu aida mon ami à monter sur le toit, où il agit de même sur de magnifiques frontons endommagés, des socles de cheminées fissurés, et d’autres ouvrages qui demandent d’ordinaire bien du temps. Des petits aliens graciles entourés de cordages bondissaient d’un pas léger sur des tourelles vertigineuses pour cimenter des rives, étanchéifier des tours de fenêtres, et rajouter des tuiles aux endroits manquants. Les petits êtres ravis poussaient des cris joyeux à chaque bond invraisemblable qui les propulsait un peu plus haut.

  • De vrais acrobates, m’extasiais-je. Vous ne craignez pas qu’ils tombent ?
  • Il ne s’est produit qu’une chute, depuis le début des travaux, exposa Panresu. Et elle a été atténuée comme il convient.

Je souris, en effet, l’atténuation de chutes était indispensable, c’était une activité dont les aliens restés au sol étaient les spécialistes. Même si les aliens qui tombaient pouvaient toujours être soignés et si le corps des nôtres est résistant, une chute n’est guère agréable. Les maîtres en gravité décelaient aisément les chutes et agissaient toujours en conséquence sur les chantiers. Panresu était à présent de ceux-là.

  • Vous êtes trop modeste, dis-je en riant
  • Ce pauvre alien était de l’autre côté de la maison, j’ai réagi de manière instinctive, hésita le petit alien tenace

Je fus émerveillé, le potentiel de mon ami s’était épanoui pleinement. Il existait peu d’êtres aussi habiles à projeter une onde antigravité, sans voir le sujet.

Nous avons rejoint les cuisines et avons apporté des mets au jardin. Tous les ouvriers nous ont rejoint, Panresu servit chacun largement et distribua des parts d’un gros gâteau à la crème à un Giorgio rayonnant.

  • Nous sommes vraiment accueillis comme des princes en ce lieu ! Merci ! s’extasia t-il à la vue des pâtisseries
  • Je vois bien qu’un expert comme vous sait apprécier ce qui est bon comme il se doit. Alors régalez-vous, dit Panresu en riant

Je me retournais et vis que Stency gambadait dans l’herbe avec d’autres enfants. Ils vinrent près du fauteuil où était étendu le petit Lokhaïl et l’amusèrent de leurs cabrioles. Ensuite, les enfants s’assirent près de lui pour jouer aux devinettes. Cela réconforta grandement le petit être meurtri.

Je surpris une larme d’émoi sur le visage du petit reptile, lorsque Stency lui enfila une écharpe pour qu’il ne prenne pas froid. C’était un nouveau monde qui s’offrait à lui, celui des émotions.

  • Est ce que je suis un être mauvais ? demanda Lokhaïl par la pensée lorsque je m’approchais pour lui apporter un remède
  • Nullement, tu es très précieux, un jeune alien très précieux, si courageux. Tu nous as sauvés … tous, de la lave. De bien des tourments. As-tu oublié cela ? Tu as réparé notre transport, tu as compris comment le piloter à un instant crucial. Qu’aurions-nous fait sans toi ? Ce n’est pas ordinaire. Tu es aimé, tellement aimé mon chéri. Sais-tu combien nous sommes chanceux de t’avoir avec nous ? Ce lieu est un lieu de bien et tu vas guérir, dis-je par la pensée, avec une foi inébranlable
 

Lokhaïl versa d’autres larmes et je le serrai bien fort près de moi. Darsimen vint à son tour et le berça pour le réconforter. Nous avons réalisé que sa main et tout son corps étaient à présent devenus argentés. Seule sa tête n’avait pas encore changé. Cela était un bien grand prodige. Je compris que des aspirations contraires se débattaient encore en lui. Il était venu en cette caverne, pour nous suivre vers le monde intérieur. Une partie de lui même inhumaine, froide, insensible, peinait à réaliser qu’il soit devenu aussi important pour nous. Darsimen massait son cou sensible avec bonté pour l’apaiser. Chacun avait peur qu’il disparaisse et qu’il soit emporté par cette énergie si vive. Nous avons compris que nos mots pouvaient beaucoup en cette situation. Le jeune alien phosphorescent fut félicité par tous pour son courage.

  • Je n’ai pas oublié combien tu as été habile pour remiser cette vieille chenille poussive en un magnifique vaisseau, exposa Panresu. Même si je doutais de toi. A présent je vois combien tu es un être dévoué, prompt à aider autrui. Cela est une très noble qualité.
  • Il en est bien ainsi, souligna Mellkit
  • Un petit mécanicien promis à un grand avenir, souligna Darsimen, et un grand pilote, je l’ai dit

Lokhaïl cligna des yeux avec incrédulité, puis il sembla finalement considérer que tout ceci était bien réel et décida d’y croire pour de bon. Il eut un adorable sourire. Nous avons tous bu et festoyé dans la lueur déclinante du crépuscule. Bientôt, les montagnes furent parées de lueurs pourpres.

Il était temps pour nous de rentrer. Nous sommes montés à bord du petit vaisseau. Darsimen déclenchant l’éjection en profitant d’une bourrasque ascendante qui nous porta vers le haut en un vol grisant. Les neiges des sommets étaient éclairées de vermillon. C’était un lieu majestueux, la cime des plus hauts sommets abritait en elle un appel qui s’élevait vers les cieux, produisant comme un écho.

J’éprouvais une émotion ineffable tandis que nous survolions les montagnes, celle de me sentir relié parfaitement à tout, au Grand tout. Oui, tout était parfait, le petit Lokhaïl qui avait été tellement rudoyé, méprisé, était en train de guérir, nous verrions dans les jours prochains un très bel alien argenté, semblable aux ravissants êtres de l’intérieur lumineux qu’il m’avait déjà été donné de voir.

Je vous remercie chers amis d’avoir lu ce récit, je vous salue et vous adresse toutes mes bénédictions pour cette nouvelle année.

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